La construction du quartier des Roches

Le quartier des Roches est le premier quartier de la construction de la Ville nouvelle. Sa construction fut achevée en mars 1979, avec 50 % de logements en immeubles collectifs et 50 % en individuels et en intermédiaires. Plus on s’éloigne du centre du quartier, plus les densités diminuent.

Sources : Archives CAPI

En 1982, il accueille une population de 5 000 habitants. Dans une note de présentation de l’opération de construction du quartier des Roches, rédigée par l’EPIDA, il était prévu une population de 60 000 habitants à terme sur ce quartier.

Son accessibilité pour les piétons et les vélos a été soigneusement étudiée, avec un réseau totalement spécialisé. Les voies routières se franchissent par des passerelles ou des passages souterrains respectant les courbes du relief. Toutes les chemins piétons convergent vers le centre du quartier.

Le réseau de bus contourne le centre du quartier.

Le programme de construction du centre prévoyait 1 200 logements en immeubles collectifs, 720 ont été construits. Sur les 1 900 m² de commerces prévus initialement , 1 600 m² ont été réalisés, dont une supérette et une banque. 600 m² de locaux professionnels sont implantés dans le centre du quartier. Pour les équipements, deux groupes scolaires sont construits (GS 1 et GS 2), un collège, le premier de la Ville nouvelle, un complexe sportif, une Maison pour tous (centre social), et 300 places de stationnement banalisées, réparties en quatre groupes. Les écoles ont été regroupées, au prix d’un léger allongement du trajet pour les enfants.

Les équipements ont été conçus en complémentarité les uns avec les autres, autour d’un espace piétonnier.

Le centre commercial des Roches est situé dans une zone piétonne. Il se voulait la réunion de l’ensemble des services collectifs publics et privés destinés à la desserte des résidents du quartier.

Le centre se répartit sur trois niveaux suivant la pente du terrain, dans une architecture en terrasse. La réalisation simultanée des équipements scolaires, sociaux, sportifs et commerciaux a permis une intégration importante.

Sources : Archives CAPI

Au niveau intermédiaire, la galerie commerçante débouche sur la place principale. A l’intérieur de la galerie commerçante, il y a une vue sur la grande salle du gymnase, située en contrebas. Chaque commerce installé dans cette galerie commerçante a été disposé en fonction de l’animation qu’il représente : la librairie, la pharmacie, le café donnent sur la place, tandis que la supérette est située de l’autre côté de la rue couverte. L’arrière des magasins est bordé par une voie de desserte – livraison permettant l’accès de véhicules lourds ou légers aux différents commerces, mais également l’enlèvement des ordures et l’accès des véhicules d’urgence. Le collège s’ouvre également sur la place. Il abritait au rez-de-chaussée une bibliothèque et un atelier ouverts au public.

La place a été aménagée par Claude Abeille. Elle se compose d’une partie en gradin, d’une fontaine. Elle est dominée par le collège.

Au niveau supérieur, les trois établissements scolaires ne sont alors pas clôturés. Le restaurant qui leur est commun sert également de salle polyvalente aux habitants.

Tous les commerces se sont concentrés dans le centre du quartier, puis d’autres se sont ouverts aux pieds d’immeubles.

L’établissement public d’aménagement (EPANI) a réalisé le centre commercial. Une société de promotion en a assuré la commercialisation dans un premier temps, puis l’EPANI la reprit. Les murs bruts de décoffrage ont été vendus en copropriété aux commerçants de 1 200 à 2 500 francs par m² hors d’œuvre valeur 1974-1975. Le bureau de poste est lui en location (300 francs par m² hors d’œuvre par an). C’est une association loi 1901 qui gère la gestion du bâtiment et la promotion commerciale.

Le centre commercial des Roches a été ouvert au début de l’année 1975.

Le collège a ouvert à la rentrée de 1973, accueillant 450 élèves.

Sources : Archives CAPI

En octobre 1975, le journal du syndicat communautaire et de l’établissement public comporte un article sur les habitants du premier quartier de la Ville nouvelle. Une étude a été faite en juin 1975. Elle indique que 30 % de la population a moins de 10 ans, 30 % ont entre 20 et 30 ans. Ce sont les 25-39 ans les plus nombreux : 21 % de la population du quartier. Et les plus de 45 ans représentent à peine plus de 6 %.

Sur 624 chefs de ménage recensés, 36,5 % viennent du Rhône (dont 27,9 % de l’est lyonnais), 34 % de l’Isère (dont la moitié proviennent de l’aire de la Ville nouvelle) et 29,5 % viennent d’autres départements, dont 5,5 % de la région parisienne.6,4 % sont des familles qui viennent de l’étranger, soit 41 familles.

Les cadres moyens et les employés représentent 56 % de la population active. Cette sur-représentation peut s’expliquer par la proximité de l’aéroport, alors nouvellement créé (appelé à l’époque Satolas) et par l’implantation de bureaux sur le centre de L’Isle d’Abeau. Les ouvriers sont, à l’inverse, beaucoup moins nombreux, dû au faible nombre d’emplois de production alors créés sur les zones d’activité de la Ville nouvelle.

L’étude montre que 69 % des actifs travaillent sur le périmètre de la Ville nouvelle ou à l’aéroport Saint-Exupéry. 13 % travaillent sur Lyon et 13 % autres à l’est de Lyon.