La Mairie-école

Cet édifice a probablement été construit dans le courant du XIXe siècle. Il prend place sur la
place du village de Villefontaine.

Sources : Marie-Paule Raibaud

C’est sur l’ancienne place du village de Villefontaine que lors de divers travaux ont été retrouvé des indices archéologiques. Les plus vieux – éléments de construction (colonnette) et éléments d’habitat  (sol de mortier et couches de démolition) – remontent à l’époque gallo-romaine où de probables habitations occupaient la place. Ces traces gallo-romaines ont été en partie détruites par le creusement de sépultures en pleine terre, probablement liées à l’église. Elles dateraient de la fin du Moyen-Age ou de l’époque moderne.
Mais revenons à la Mairie-école en commençant par vous présenter un personnage clé pour l’histoire et la mémoire de ces murs. Voironnais de naissance, Lucien Cotonnet arrive en 1933 dans le village de Villefontaine en tant qu’ enseignant et secrétaire de Mairie. Grâce à la série d’articles intitulés « Au passé antérieur » qu’il écrivit dans Le Dauphiné entre 1992 et 1993, nous avons de nombreuses descriptions et anedoctes, notamment sur ce bâtiment emblématique.

Les deux fonctions principales de cet édifice sont l’école et la mairie : il est ainsi nommé la mairie-
école. Elles régissent les principaux aménagements intérieurs de ce bâtiment qui sont complétés
comme nous allons le voir par des fonctions annexes, mais néanmoins importantes pour les Villards.

L’escalier extérieur ou comme le nomme Lucien Cotonnet « la montée palière » et qui comme le
suggère cette appellation dessert le palier du rez-de-chaussée de l’édifice.
Une des cinq portes donne directement sur l’appartement du secrétaire-enseignant pendant près de 40 ans. Il n’était pas rare que des personnes dans leur précipitation arrivaient directement devant le lit de Lucien Cotonnet pour faire une déclaration à la Mairie.

Lors des élections, la place du village et la Mairie étaient très animées. La mise aux urnes terminés
on faisait sonné la cloche pour clôturer les votes et se déroulait alors une véritable lecture haute en
couleur des bulletins car ils devenaient des outils de réclamations, voire de dénonciation. Tous le
village y assisté.

Source : Au passé antérieur

Outre la fonction de mairie, ce bâtiment comprenait aussi l’école des garçons et des filles (une salle de classe pour chacun ainsi qu’un vestiaire). À plusieurs reprises, Lucien Cotonnet nous explique que la salle communale était juxtaposée à la salle de classe des garçons. C’est dans cette pièce de 48 m2 que se déroulait le Sou des école chaque année : sur estrade de 12m2 avait lieu de petits spectacles face à l’assemblée composée d’une quarantaine d’élèves, de leurs parents et des officiels.Ne pouvant contenir tous le monde, la salle communale était ouverte : le spectacle n’était alors qu’écouter et non regarder. D’autres montaient sur le marbre des cheminée pour voir les spectacles.
La salle de classe des garçons « ancienne mairie » jouxtait la salle communal comme nous venons de le voir. On avait percé deux trous dans le mur de séparation épais de 60 cm, afin de mettre en place un projecteur. Ainsi, certain samedi, Lucien Cotonnet devenait projectionniste. La
programmation s’articulait surtout autour de documentaire.

En 1951, le loi Barangé octroie une allocation trimestrielle pour chaque enfant fréquentant l’école
primaire publique ou privé. En ce qui concerne l’enseignement public, l’allocation est versée à la
caisse départementale scolaire, gérée par le Conseil général, lequel assure la répartition des fonds. Ainsi aux archives de Grenoble, la liste des fournitures achetées grâce à cette allocation est
retranscrite pour les années 1959, 1961 et 1963.

En plus de la salle communale, des salles de classe pour les garçons et les filles et de l’appartement du sécrétaire-enseignant, ce bâtiment comprend aussi une cave voûtée et solide qui accueillait jadis la réserve de charbon communal. Ce dernier était déversé par un soupirail accolé à l’escalier de la Mairie.
Cette cave devint par la suite la « Cave littéraire » grâce notamment à Jean-Paul Morin.

La Mairie-école était un bâtiment centrale dans la vie sociale de Villards dans la 2nde moitié du XXe
siècle de part les fonctions diverses et variées qui s’y tenaient : école, mairie, cinéma, spectacle, etc.
Elle occupe aussi une place centrale dans le village venant compléter la place du village avec les 5
cafés et les terrains de jeux de boules dans un pré au milieu duquel trône le monument au mort.