Le Château du Vellein

LES PROPRIÉTAIRES

D’azur à une tête de lion arrachée d’or, au chef d’argent chargé de trois molettes de gueules

La famille VELLEIN est implantée dans le mandement de Fallavier depuis le début du XVème siècle. C’étaient des paysans des environs de Bourgoin et de Viriville. Georges Vellein habitait Four en 1570, il fut notaire à Ville. L’un de ses fils, Eymard, lui succèda. Ils se marièrent avec des filles de la petite bourgeoisie de la région, Merloz, Vignon, Genon, Corbet.

Sous Louis XIV, Pierre Vellein, conseiller du Roy au parlement de Metz fut anobli et prit le nom de Pierre DE VELLEIN. Il épousa Marguerite DE FAY DE VILLIERS.

Leur fils, François-Joseph de Vellein épousa Marguerite DE LA COLOMBIERE, de la famille des parlementaires du Dauphiné, dont l’oncle, Claude de la Colombière fut béatifié puis canonisé. Décédée le 26 novembre1746, à l’âge de 84 ans, elle repose, aux côtés de ses prédécesseurs, dans la chapelle St-Sébastien en l’église de Ville.

De leur fils, noble Joseph de Vellein, nous conservons quelques archives. Il se maria deux fois. Il n’eut que des filles.

L’une de celles-ci, Anne Marguerite de Vellein d’Oncieux, épousa Amédée Philippe DU VIVIER DE LENTIOL en 1784. Le domaine passa en 1806 dans la famille DE PINA DE ST-DIDIER quand Jean-François-Calixte, Marquis de Pina de St-Didier épousa Olympe du Vivier de Lentiol, fille d’Amédée Philippe et Anne Marguerite,

Le fils ainé d’Olympe et de Jean François Calixte, Amédé de Pina de Saint Didier vendit le domaine du Vellein en 1850 à Marie MORAND DE JOUFFREY née DE PONTHUS, veuve de Aimé Jean Jacques Morand de Jouffrey.

La famille Morand de Jouffrey fut une importante famille lyonnaise comptant entre autres dans ses rangs Jean Antoine, architecte, constructeur d’un pont en bois sur le Rhône à Lyon entre la presqu’ile et la rive est, le pont Morand, aujourd’hui en pierre, et guillotiné le 24 janvier 1794. Aimé Jean Jacques Morand de Jouffrey, appelé James, petit-fils de Jean Antoine, fut un éminent serviteur de la justice : il acheva sa carrière comme procureur général du Roi près la cour royale de Grenoble. De santé chancelante, il décède en 1843. Leur fille ainée Louise Stéphanie épousa en 1844, Louis Etienne Marius DE LEULLION DE THORIGNY.

Source : Roland Sermet

Originaires de l’ouest lyonnais, les Leullion de Thorigny faisaient partie de la noblesse de robe avant la Révolution. Le personnage le plus marquant en fut François Bernardin Louis qui fut maire de Bessenay, membre du Conseil général du Rhône et député de ce département. Louise Stéphanie et Louis Etienne Marius eurent deux enfants : Louis Séverin Georges, né en 1845, et Anatole Marie René, né en 1851. Louis Etienne Marius mourut en 1857 à l’âge de 46 ans. Louise Stéphanie lui survécut jusqu’en 1896. Louis Séverin Georges resta célibataire.

Anatole Marie René épousa Louise Honorée Marie MOREL DE VOLEINE en 1883. Ils eurent cinq enfants dont trois parvinrent à l’âge adulte : Louise née en 1884, Georges, comte de Thorigny, né en 1886 et, Marie née en 1887. Leur mère mourut en 1893 âgée de 36 ans. Les noms du père et des enfants se trouvent sur le recensement nominatif de population de 1911. Leur père décéda le 1er décembre 1912. Georges épousa Anne Marie Anne CHARVET le 23 janvier 1912. Ils n’eurent pas d’enfant.

L’héritage resta indivis jusqu’à la mort des deux frères, Louis Séverin Georges et Anatole René Marie, en 1912, et Louise et Marie obtinrent le domaine de Villefontaine en pleine propriété. Louise et Marie restèrent « demoiselles ». Elles occupèrent le château toute leur vie, préférant vivre dans le plus grand inconfort et laisser se délabrer leur habitation plutôt que de vendre des parcelles de l’héritage familial qu’elles considéraient comme sacré. Georges mourut en 1965, Louise en 1967 et Marie en 1975.

Les biens de la famille éteinte revinrent alors à l’État. Le château fut laissé à l’abandon et bientôt soumis au pillage et au vandalisme. Il y a une dizaine d’années, un incendie aggrava considérablement la situation.

Source : Marie-Paule Raibaud

 

 LE CHÂTEAU

Il est possible que le château tel que nous le connaissons ait été bâti sur l’emplacement d’une maison forte datant du Moyen Âge.

Il existait en tout cas un bâtiment plus ancien. Celui-ci fut-il démoli ou intégré dans les aménagements du XVIIIème siècle ?

Nous manquons d’informations à ce sujet. Cependant, à la différence des deux façades encore observables (sud et nord) homogènes de de style, la façade ouest du château est assez disparate, et laisse voir au niveau d’un léger décrochement une série de pierres d’angle, laissant penser à l’intégration d’un corps de bâtiment plus ancien.

Au début du XVIIIème siècle, la famille de Vellein avait délaissé son domaine villard pour résider à Vienne.

Joseph Humbert de Vellein, né en 1688, décida de faire de Ville sa résidence principale. Il fit alors construire le château que nous connaissons entre 1730 et 1750.

Comme il était dévot, l’âge venant et devenu impotent, il y fit aménager une chapelle.

A la différence des châteaux du Layet et de Vaugelas, le château du Vellein passera sans encombre la période de la Révolution.

Source : Roland Sermet

Le château est un édifice de plan carré agrémenté de deux tours circulaires aux angles sud-ouest et nord-est et d’une tour carrée à l’angle sud-est.

Les tours circulaires sont surmontées d’un toit à six pans couvert de tuiles écailles.

La fontaine (Source : Hugues Chatain)

La tour carrée, aujourd’hui détruite était couverte d’un toit à quatre pans couvert de tuiles écailles.

Le reste des toits était couvert de tuiles canal.

Les murs sont en pierres non taillées avec des chaînages d’angle en pierre taillée.

Les encadrements de portes et de fenêtres sont en pierre de taille à l’exception d’un encadrement en bois au deuxième étage de la façade ouest.

Sur le côté droit de la façade principale se trouve une fontaine en pierre avec un bassin asymétrique et un énorme rocher fendu en guise de triomphe (élément d’une fontaine d’où s’écoule l’eau).

LES DÉPENDANCES

 

Cadastre napoléonien de 1838. Source : AD 38

Le plan du cadastre de 1838 montre des dépendances assez substantiellement différentes de celles que nous connaissons aujourd’hui.

Si l’actuelle maison des syndicats, le petit pavillon aujourd’hui en ruine et les salles Dequesne, Latimier et Coignard sont déjà présentes, d’autres éléments ont disparu : Un gros bâtiment sur l’esplanade, encore présent sur les photos aériennes de 1950, un plus petit à l’entrée de la cour, et un bâtiment dans le prolongement des salles Latimier… le long du château, ces deux derniers ont disparu en 1950.

La grange devenue la salle Balavoine n’existe pas encore, mais on la voit sur les photos de 1950. On n’en trouve aucune trace dans le cadastre napoléonien, même à des périodes plus récentes.

Le chemin de Villefontaine à La Verpillière passe à l’ouest des salles mais à l’est de la maison des syndicats.

Le recensement de 1911 indique que c’est la famille Bossy qui occupe la ferme, ce qui sera le cas jusqu’à la cessation de l’activité agricole.

Sources : Rendu du pré-inventaire Isère Porte des Alpes, Villefontaine ; Inventaire du patrimoine, département de l’Isère ; Bouchard Gilbert, Histoire de Villefontaine. http://www.oocities.org/vilfiser/CHAT.VELLEIN.htm ; Généanet ; Archives départementales de l’Isère, Cadastre napoléonien, État civil, recensements nominatifs de population ; Wikipédia