L’église

« Ami de passage ou paroissien,

Cette église est le témoin que les générations précédentes nous ont laissé.

Avec tes yeux et ton cœur regarde le travail des hommes, cherche la présence discrète de Dieu. »

La plaque mortuaire de la famille de Michallon, anciens seigneurs du château de Vaugelas est là pour nous rappeler que cette modeste église de campagne est déjà fort ancienne. Que savons-nous d’elle ?

Une première trace apparaît dans le pouillé* général du diocèse de Vienne établi en 1275 qui fait mention de la paroisse de Villa et de l’église Saint Martin dont le vocable doit être regardé comme un indice de création ancienne.

Hugues Châtain, auquel sont empruntés les références qui suivent et certains éléments, indique avoir trouvé des mentions de l’église dans les testaments de François et Georges Vellein rédigés au XVIème et XVIIème siècle.

De l’église de cette époque il ne reste rien, sinon un cadran solaire canonial du moyen-âge, remployé dans la construction actuelle. De petite taille, circulaire, gravé de chiffres romains, c’est actuellement le plus ancien cadran solaire connu de l’Isère. Il servait au prêtre du lieu à sonner les offices rythmant ainsi la vie de ses paroissiens.

L’église est démolie puis rebâtie agrandie sur le même site entre 1752 et 1756 grâce à la ténacité du curé de l’époque, Joseph Autheman.

Au mois d’octobre 1823, la cloche Jeanne, installée le 19 Juillet 1722, disparue pendant la Révolution, est remplacée par Anne‐Marie à laquelle est dévolue la protection de la paroisse contre les orages. La nouvelle cloche pèse 327 kilos, fait 83 cm de diamètre à la base et sonne en Si Bémol. Ses marraines et parrains sont les enfants du maire, Chollier et de l’adjoint, Vellein.

En 1829, le tableau qui se trouve dans le chœur et qui représente Saint Martin de Tours est donné à l’église par le marquis de Pina, gendre de Mme Du Vivier et maire de Grenoble.

Cadastre de 1838

L’église est agrandie en 1845. Deux projets établis par M.Quenin, architecte de La Verpillière sont examinés, l’un comportant quatre chapelles se monte à 3259,19 F. L’autre, plus modeste, avec 2 chapelles seulement coûterait 2.000,00 F. Le curé de l’époque, Dominique Berland, propose d’apporter, sur ses économies, 400,00 F, pour faire réaliser le premier projet qui sera finalement retenu. L’église étant représentée avec une certaine précision sur le plan cadastral de 1838, il est possible de voir que la partie la plus récente de d’édifice se trouve à droite et à gauche de la porte d’entrée.

 

C’est l’occasion de déplacer le cimetière qui, comme c’était l’habitude, entourait l’église.

En 1868 la sacristie est entièrement rebâtie grâce à la générosité de la Comtesse de Michallon.

Après la première guerre mondiale, une plaque commémorative est installée dans une des chapelles. Elle porte le nom des soldats de la paroisse morts entre 1914 et 1918. On relève quelques différences avec le monument aux morts.

Fonds M.-P. Raibaud

 

Entre 1930 et 1936, une horloge est installée dans le clocher. Les niches qui se trouvent de part et d’autre de la porte datent également de cette période. Des travaux importants ont lieu en 1935. Est-ce à cette occasion que ces éléments sont ajoutés ?

 

Fonds M.-P. Raibaud

L’église et le presbytère sont la source de tracas pour le conseil municipal et l’origine de nombreux travaux.

Les relations avec le desservant peuvent excellentes comme avec le curé Berland ou bien beaucoup plus houleuses comme avec l’abbé Métiffiot. Celui-ci fera mille misères aux conseils et aux maires successifs, effectuant des travaux sans autorisation, refusant de signer les baux pour l’utilisation du presbytère et ne payant pas le loyer, arrêtant l’horloge du clocher et la démontant en partie… Il sévit à Villefontaine de 1899 (Moniteur Viennois 10 mars 1899) à 1947.

 

Réalisés en 1978, lors du réaménagement de l’intérieur de l’église, les vitraux sont l’œuvre du peintre Fouché et de l’atelier de Saint Benoît sur Loire.

 

* Un pouillé est un dénombrement de tous les bénéfices ecclésiastiques situés dans un domaine géographique donné. On peut ainsi avoir le pouillé d’une paroisse, d’une abbaye, d’un doyenné, d’un diocèse, etc. Le pouillé est dressé pour l’assiette et la perception des redevances fiscales et peut inclure les montants des revenus des bénéfices, le nombre des redevables ou même la liste complète de ces redevables avec les montants payés.